La planète, l'écologie, la foi... et la vie des couples chrétiens-musulmans

Dernière mise à jour : 12 mars



Rencontre du 13 septembre 2020 à Phalsbourg (Moselle).


Cette journée a eu lieu dans la maison et surtout le jardin de Danielle et Alain (qui

est aussi apiculteur), un lieu idéal pour échanger sur le thème de l’écologie dans les

deux confessions.

On raconte que Martin Luther aurait dit, en réponse à une question : « Si l’on

m’apprenait que la fin du monde est pour demain, je planterais un pommier. »

Selon un Hadith, le prophète Mohammed, aurait prononcé une phrase semblable :

« Quand l'instant de la fin du monde sera à nos portes, si l'un de vous tient un plant

de palmier et qu'il peut le planter avant que ne survienne l'instant de la fin du

monde, qu'il le fasse. »

Nous discutons durant la matinée sur ce thème du rapport de croyants avec la planète à partir de ces deux citations.


Puis, l'après-midi, nous abordons la question des couples chrétiens - musulmans.

Voici quelques extraits des échanges et témoignages à ce propos :

Mouna a six couples interreligieux dans sa famille. La nécessité du respect mutuel

s’est vite imposée !

Une femme musulmane raconte qu’elle s’est mariée avec un homme lui-même issu

d’un couple interculturel marocain/alsacien (né en 1949). Cela est passé avec sa

belle-famille car la mère était alsacienne, le père berbère. Son mari n’était pas

très religieux, il faisait juste le ramadan. Elle est pratiquante : elle l’a

« rééduqué » avec patience : réveil pour faire la prière, etc.

Moha raconte l’histoire d’un musulman pratiquant qui s’est mariée avec une

femme plutôt agnostique. Elle est devenue devenu très musulmane un monstre de

piété ! Voilà un exemple de l’influence néfaste du mariage !

Autre récit. Un père musulman, plutôt conservateur, a une fille qui se marie avec

un non musulman. Il est très réticent, mais « la mère fait le travail du père ». Le

frère est d’avis que « en religion pas de contrainte ». Finalement, cela se passe

bien, et le couple a quatre enfants.

Amine a une mère alsacienne et un père marocain qui se sont connus dans les

années 1950 en Alsace. Le père de sa mère est un vieux protestant rural

conservateur. On lui annonce un mariage interreligieux, le père frémit... Il est

soulagé d’apprendre qu’il s’agit d’un musulman : « du moment que ce n’est pas un

catholique ! »


Lors de cette journée, il a aussi été beaucoup discuté de la brochure, et le nom

« Passe Portes » a été trouvé à cette occasion.

Là aussi ont été décidé les « une seule adresse mail, un seul numéro de téléphone

parce que la neutralité du premier contact est très importante.


Les femmes insistent aussi là-dessus : elles pourraient avoir peur de se faire ou

influencer par l’un ou l’autre religieux qui voudrait les réorienter vers ce qu’ils

croient être le « droit chemin ».

« Il faut respecter la volonté du couple et son choix religieux quels qu’ils soient. »

« Quand on aime l’arbre, on aime aussi ses branches »

De plus, parler de son choix amoureux, c’est toujours sensible et délicat. On

dévoile beaucoup de son intimité à quelqu’un qu’on ne connait pas…

La personne d’accueil, neutre, laïque, faisant preuve de professionnalisme, devrait

être adossée à un réseau de ministres du culte à l’écoute, qui savent coopérer.

Côté musulman, avoir des savants et exégètes du Coran, pas seulement des imams

qui sont souvent plus moraux, plus directeurs de conscience.

De manière générale, tout le monde pense qu’il faut mieux former les ministres du

culte à l’interreligieux.


Lors de cette journée ensoleillée, le nouveau pasteur de Phalsbourg est venu nous

rendre visite.

C’est un homme grand, avec des lunettes, des cheveux courts grisonnant, habillé

de sombre, se tenant très droit… Il est assez intimidant, presque austère, mais

sympathique.

Chacun se présente. À chaque femme avec le foulard sur la tête, il demande : « Et

vous, vous êtes aussi d’origine musulmane ? » C’est assez drôle : ces femmes se

disent marocaines, françaises, depuis longtemps strasbourgeoises ou alsaciennes…

On sent qu’il n’a pas beaucoup l’habitude de l’interreligieux, mais il est curieux,

ouvert, bienveillant envers notre groupe de discussion. Il vit d’ailleurs au quotidien

l’interculturel, et quand il dit qu’il est marié à une anglaise, une marocaine se

renseigne sur les anglaises auprès de lui, car son fils va se marier avec une

anglaise, « une écossaise même » !



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